mardi 20 mai 2014

Episode 50 : En mer dès le matin, en mer dans la journée ...

Chers tous,

Le mois dernier, avec Bjørn-Håkon, on a passé le permis bateau à Oslo.
Passer le permis bateau en Norvège me laissait un peu rêveuse…

Allait-on nous apprendre des méthodes ancestrales des vikings, qui lisaient dans les étoiles pour découvrir de nouveaux continents avant tout le monde ?


Dans ce cas, nous apprendrait-on à battre la cadence et à fouetter des rameurs suédois à travers les océans ?


Allait-on plutôt nous apprendre – les boules ! - à conduire un brise-glace ?

Permis bateau norvégien, leçon 1

Ou bien, quitte à faire dans le scandinave contemporain, à conduire un yacht comme un couple de vieux riches ? Et dans ce cas, je m’imaginais déjà volontiers en cougar incorrigible lécher du champagne sur le torse nu et sans un poil de plein petits suédois de vingt ans efféminés en marin Jean-Paul Gauthier qui me serviraient d’équipage, pendant qu’un bouquet de bonnasses suédoises en bikini Bay Watch masseraient les mollets de Bjørn-Håkon à l’avant du bateau…et même qu'il aurait les cheveux gominés en arrière et se moucherait dans des billets de 50€.


Une photo du petit yacht, le reste je vous laisse imaginer…

Bref, je laissais volontiers mon esprit vagabonder.

Puis le jour J est arrivé.
On nous a demandé de nous ramener dans une salle de classe de lycée en plein centre-ville et je dois bien admettre que tout ça puait l’enfourre.

Les gars, croyez-moi ou pas mais en Norvégie on apprend à faire du bateau sur des slides powerpoint.  

Notre prof a accueilli la centaine de participants dans un amphithéâtre. Il était boudiné dans son soit disant polo de rugbyman à rayures épaisses, et avec sa tête large aux traits disgracieux, on lui aurait plus volontiers donné un couteau a dépecer une pièce de gibier qu’un élégant voilier a conduire dans les flots bleu-fjord.

Il se tortillant sur sa chaise de bureau qui il faisait naviguer sur la scène de l’amphithéâtre pour nous faire des démos dans des couinement de plastiques qui je dois l’admettre, ne rendent pas vraiment compte de ce que ça donne en mer. Limite il faisait lui-même le bruit des mouettes et nous balançait des embruns pour nous mettre en situation. Là où j’ai commencé à me demander si ce n’était pas une caméra cachée, c’est quand il a distribué des bouts pour qu’on s’amarre à la chaise de devant.

Dans la salle, il y avait tous les clichés.

- Le sale gosse des beaux quartiers qui a eu des tonnes de fric pour sa confirmation et qui veut tout claquer pendant l’été en achetant un premier bateau. Au programme : copains, conneries, guitare, premières draguoilles-flirtouilles-touche-pipouilles et premières cuites, et la seule question qu’il pose c’est qu’elle est la limite d’alcoolémie autorisée en mer.
- Le cool qui s’intéresse uniquement aux règles pour scooter des mers. Le mec n’a pas enlevé ses lunettes de soleil pendant tout le cours alors que ça faisait que deux semaines qu'il faisait à nouveau jour à Oslo.
- Le mec qui arrive tout droit du boulot en costard, le vieux beau, qui a sûrement une villa à Bygdøy et un yacht et dans ce cas-là je me demande bien si c’est vraiment lui qui va le conduire son putain de bateau ou s’il va pas lui aussi se payer les bonnasses suédoises et les petits marins Jean-Paul Gauthier
- Et puis, surtout, la blonde qui pose cette question – véridique- « Mais si la distance entre les méridiens est plus grande à l’équateur qu’aux pôles, ça veut dire que les bateaux vont plus vite en s’éloignant de l’équateur nan ? ». Le soir en me couchant, j’en jubilais encore. Même les blondes sont les plus connes au pays des blonds. VIC-TOIRE

Enfin ça y est. On a eu le permis et nous voilà parés à affronter le monde de la mer en Norvège.
L’été, c’est plutôt ambiance bord de mer romantique, eau réchauffée par le Gulf stream, c’est joli joli.



On mange des crevettes, on boit du vin blanc le soleil ne se couche jamais et c’est tellement idyllique qu'on en fait même des design de canettes de bières...

Des ancres et des voiliers... ben voyons...

Mais les 11 autres mois de l’année, voilà l’ambiance :


Pince-mi et pince-moi sont dans un bateau. Devine ce qui va te pincer si tu passes à la baille.

Il ne vous reste plus qu'à venir faire un tour sur le fjord d'Oslo :) 

Le bécot à tous.


Martine

mercredi 9 avril 2014

Episode 49 : Bon anniversaire petite trentenaire

Chers tous,

Cette semaine, Martine fête son 49ème épisode et moi mon trentième anniversaire. It’s time to celebrate. Je consacre donc ce nouvel épisode allez hop ! pomp it up ! à comment qu’on célèbre un anniversaire en Norvège. Oui hein tiens donc ? Dites voir ?

La journée commence en général par un petit dej au lit concocté par son viking préféré, ou autre être cher.
Un début de journée glam donc

Ensuite, vous avez l’épreuve de la chanson à l’arrivée au boulot. La Norvège veut encore une fois faire les choses à sa façon et a donc sa propre chanson d’anniversaire.
Et il y a un truc un peu tordu dans le fait d’avoir la chanson d’anniversaire la plus longue du monde avec chorégraphie s’il-vous-plaît, sachant que les scandinaves sont plutôt des grands timides qui ont en horreur d’avoir l’attention sur eux.
Regardez-donc ici (j’ai eu littéralement la même au taff)

http://www.youtube.com/watch?v=nOW45XodiuE

Mon moment préféré est bien sur quand ils imitent le saut à ski. Une petite piqure de rappel des valeurs fondatrices de la nation Norway ne fait jamais de mal.
Cette chanson est encore bien la preuve que c’est beau d’être 5 millions, on a le temps de chanter un quart d’heure par personne.

Ensuite, il y a le champ lexical qui va de « Hourra pour toi » why not ?? même si quand on a le derch vissé sur la chaise de bureau et que c’est les autres qui font des sauts, des tours, des portés, et de l’imitation de sport d’hiver on comprend plus trop, à « félicitations ». On vous félicite d’avoir passé l’hiver en somme. 
Féliciter en norvégien se dit joliment gratulere. Et ma mère, elle te gratouille, blaireau ?

Toute la journée, on vous appelle « Bursdagsbarn » ou encore « l’enfant dont c’est l’anniversaire » et ce quelque soit votre âge, ce qui est somme toute plutôt sympathique. 
Mais là où ça se barre en vrille, c’est que s’il fait beau c’est que vous avez été– je cite – un enfant gentil. Je vous laisse ainsi conclure dans le cas de la contraposée. Bjørn-Håkon, dont l’anniversaire est fin novembre est content. Il fait un temps de cochon polaire tous les ans, et tous les ans, c’est de sa faute. Paie ta coutume fumeuse dans un pays où il fait quand même avouons-le faut arrêter plus souvent pas trop beau que trop beau.

Et puis bien sûr, il y a des gâteaux. Ici, la corporate attitude n’a pas de limite, regardez-donc ceci (ah si si, c'est un gâteau…)


Et celle du patriotisme non-plus d’ailleurs. Allez hop, toujours une bonne raison d’être norvégien à la vie à la mort.


Pour la fête, vous avez plusieurs alternatives.
a) Votre cher et tendre vous fait à bouffer ou vous invite au resto, seul jour de l’année où l’on semble déroger à l’imparable parité: on doit vous offrir le resto quoi qu’il arrive.
è A choisir si vous êtes amoureux, radin ou les deux

      b) Vous organisez une préchauffe un vendredi ou un samedi soir entre potes et quand vous êtes complètement cuits à minuit vous sortez faire la fête en ville. Un tour en ville ça se dit bytur en norvégien, et ce faux-ami a une ironie tellement belle que je ne décris pas plus le ton de la soirée.
è A choisir si vous êtes single

     c) Vous organisez un dîner d’anniversaire. Alors que vous passez la semaine en jeans au taff, vous sortirez votre costard de la soirée de Noël d’entreprise et réunirez vos proches, souvent la famille. Le dîner sera très formel - les norvégiens auraient-ils donc des manières ? Vous prendrez un ou deux suédois pour faire le service d’une nourriture excellente - les norvégiens sauraient-ils donc faire à bouffer ?
Le tout sera ponctué – mitraillé devrais-je dire- de discours tire-larme de l’oncle, la grand-mère, l’ami d’enfance et du suédois qui fait le service dont on se moquera un peu volontiers.  On vous dira vous êtes formidable et le tralala.
è A choisir si vous avez une maladie incurable, histoire de partir en paix
          
     d) Lorsqu’il s’agit de l’anniversaire d’un enfant, les parents organisent un goûter d’anniversaire. Les choses doivent être vues en grand, avec moultes jeux, animations, gâteaux et drapeaux. Mes collègues prennent en général un jour de RTT ensuite, et  arrivent le surlendemain au bout du rouleau « j’avais un troupeau de gamins dans mon jardin et il faisait -20 »
è Obligatoire si vous avez des enfants et devinez quoi, en Norvège, c’est très impoli de ne pas inviter toute la classe

e) Enfin, surprise, pour son anniversaire, on peut même partir en hyttetur.
è Tout le monde le fait, voyons !

Le bécot,
Martine 

lundi 3 mars 2014

Episode 48 : Norvisage : la passion des JO d'hiver

Norvisage

Chers tous,

Deux semaines de jeux olympiques d’hiver viennent de s’écouler, et voici le classement des pays aux jeux de Sotchi par nombre de médailles.




La Norvègie, avec ses cinq millions d’habitants, arrive fièrement deuxième (et notez bien au passage le nombre de médailles pour les petits gros de la Scandinavie, les Danois, mouarf), uniquement devancée par le plus grand pays du monde. La flamme olympique a brûlé plus que jamais dans le cœur des blonds et la conclusion de ces jeux est implacable : Madame Norvège est une machine à produire des champions.

Voici donc une enquête Martine chez les blonds sur la culture du ski en Norvège, l’amour passionnel des Norvégiens tant pour la neige que pour l’effort sportif, et la mobilisation générale pour les JO, entre pluie de médailles, débat sans fin sur le fartage des skis et engouement patriote maximum.

Pourquoi le ski de fond est-il aussi important dans la société norvégienne ?

Les Norvégiens le disent eux-mêmes en bombant le torse : ils sont nés avec des skis aux pieds.




Si ce n’est sûrement qu’une métaphore (ou alors **tain c’est un peu répugnant !), il est toutefois indéniable que le ski est au cœur de l’identité norvégienne.

On se souvient que les vikings en faisaient


et que c’était quand même un moyen de locomotion vachement pratique il y a mille ans déjà.

A l’heure actuelle, le ski de fond est une des pierres angulaires de la vie en Norvège : sa pratique permet de profiter de paysages incroyables l’hiver.

Trop beau !

Mais aussi d’éduquer les enfants au goût de l’effort dans la nature.

Le fils de notre voisin, 9 mois, dans sa troisième traversée de l’Antarctique

(j’ai même vu des classes de collège faire du ski à roulettes au bord de la mer pendant les heures d’EPS l’été).

Plus généralement c’est un facteur d’intégration dans la société. Oser dire trop haut qu’on n’aime pas trop le ski de fond n’est acceptable que dans les trois premiers mois où on habite dans ce pays. Ensuite, il faut au moins essayer, et si vous continuez de dire que vous aimez pas et qu’il va sacrément falloir songer à vous lâcher la grappe avec ces putains d’histoires de ski, vous pouvez vous prendre des mandales de vos collègues à la cantine, parce qu’avec un si beau pays et des si bons skis, c’est un peu cracher dans la soupe quand même.

Véridique, la croix rouge d’Oslo recrute des blonds bénévoles pour emmener les refugiés politiques accueillis par le gouvernement faire du ski dans les bois autour d’Oslo, histoire de les intégrer au mieux dans la société norvégienne.

Autre fait marquant : il est courant de mettre sur son CV en Norvège les trophées qu’on a décrochés aux courses de ski de fond les plus connues en Norvège et ailleurs. On y gagne en crédit. Pas mal de dirigeants de grosses boites norvégiennes sont aussi d’excellents fondeurs.

Vous l’avez compris, on n’y coupe pas.

Le ski oui, mais l’hiver surtout !

Il y a en Norvège un culte général des sports d’hiver. Une sorte de boulimie de neige, de glace et de trucs qui glissent dessus.
Combinez des hivers rudes et sans fin avec un peuple de forces de la nature. Ajoutez-y un culte du sport et de l’affrontement des éléments et vous aurez compris. En Norvège, on est sportif d’hiver, on en raffole même.

Mais c’est vrai que quand on voit le rapport nombre de médailles/taille de la population pour la Norvège, on en vient quand même un peu à se demander si on devrait pas se mettre au steak d’élan au petit dej en France aussi.

On ne plaisante pas avec les choses sérieuses

Ainsi, il est aisé d’imaginer que les jeux olympiques d’hiver sont en Norvège, mille fois plus importants que tous les autres événements sportifs. Bon leur dites pas, mais d’accord c’est parce qu’il y a du ski, de la neige et tout, mais c’est surtout parce qu’ils ne participent pas à grand-chose d’autre. (Ok sous la menace de Bjørn-Håkon je vous rappelle que les Norvégiens sont aussi très forts en handball et en javelot. J’interromps la rédaction de cet épisode pour aller copier 100 fois « Les norvégiens sont les plus forts »).  

Aussi les relais 4x5km dames et 4x10km messieurs sont-ils médiatisés comme une finale de coupe du monde de football. La planète norvégienne entière retient son souffle devant ces épreuves. 

Au travail aussi, tout s’arrête aussi pour faire place au sport. Rien n’est plus intéressant que le ski de fond pendant les JO d’hiver en Norvège. L’engagement est sans limite, des larmes, des cris et des hugs fraternels devant les écrans. N’importe quoi. Franchement, j’ai jamais entendu un seul collègue élever la voix pendant trois ans, et vas-y que ça beuglait dans l’open space devant la finale du biathlon parce qu’un Norvégien avait gagné.

L’investissement en temps et en argent pour le fartage des skis est en outre absolument hallucinant, des millions d’euros, des dizaines d’anciens champions qui testent un millier de paires de skis à Sotchi pour la team Norway, des débats sans fin sur pourquoi il fait trop chaud et les skis n’avancent pas, des interviews d’experts en fartage qui passionnent les blonds et déchirent les médias, des mecs virés pour avoir un peu merdouillé le fartage des skis pour une épreuve de combiné nordique et des discussion sans fin aux coins des bars de Norvège et de Svalbard sur la couleur de fartage qu’on aurait dû utiliser.

Même les curling boys se font designer des pantalons par des couturiers. (encore plus n’importe quoi !)


Remarquez que celui à droite est celui en photo dans un épisode précédent (le 34) qui nous a comparés à des Indiens qui n'avaient jamais vu de glace en nous voyant jouer au curling

Et Marie Bjørgen avait une doudoune plaquée or.



RIEN n’est trop bien pour les JO d’hiver. This is Norway.

Ton cœur battra pour ta partie norvégienne, petit Olav

Ceci n’est pas nouveau, les blonds sont très patriotes. Ça veut dire concrètement qu’on a eu le droit à nouvelle pluie de drapeaux dans l’euphorie de l’amour de la Norvège, avec mention spéciale mauvais goût pour certains restaurateurs :




Les Norvégiens se félicitent ainsi mutuellement des  médailles d’or décrochées par le pays. On pleure quand les (affreux méchants) Suédois gagnent, on va au passage allègrement charrier la collègue française quand 
Fourcade se fait piquer une nième médaille d’or au biathlon par Svendsen.. Bref, Vive la Norvège est le mot d’ordre des JO, d’ailleurs le roi a passé les deux semaines sur place, et l’hymne national norvégien commence par « Ouiiiiiii nous aimons ce pays » (sans blague??!!).

Star system

Dernier aspect rigolo des JO d’hiver en Norvège : tous les champions (et il y en a une flopée) sont des stars. Ils sont visibles dans tous les médias, ils sont interviewés en prime time, et même les aspects croustillants de leur vie privée intéressent et font vendre comme des petits pains les numéros de la presse people qui leur sont consacrés.

Briques de lait ou magasines de mode, ils sont sportifs et ils sont beaux !

D’ailleurs, le beau Martin Fourcade est une véritable star ici. On raconte qu’il viendrait s’installer à Oslo après les JO (on l’attend !), mais il ne va pas trop comprendre ce qui lui arrive quand il va débarquer, non pas seulement parce que tous les blonds vont l’appeler Martine (ca se prononce comme ça dans le nord de l’Europe) mais surtout parce qu’il est plus que jamais devenu une légende vivante en Norvège. Absolument tout le monde le connait.

Malgré tout, ces champions ont beau avoir des skis aux pieds, et ben ils ont les skis sur terre. Déjà , En Norvège, vous connaissez toujours quelqu’un qui connait quelqu’un qui est aux JO, donc ça donne un côté « guy next door » aux champions, mais en plus ils ont cette humilité scandinave qu’ils font qu’ils trouvent superflu de se la péter.

Vous voulez une preuve ? J’ai écrit un statut sur facebook pour féliciter Kjetil Jansrud de sa médaille d’or au Super G car on a un ami en commun ; et ben regardez ici qui a liké mon statut :


Bon la je vous l'écris calmement, mais sur le coup, je n’en POUVAIS PLUS J
Le bécot à tous


Martine

lundi 20 janvier 2014

Episode 47 : Hyttetur, pierre angulaire de la vie d'un blond

Chers tous,

Ce week-end, on a fait ce que beaucoup de Norvégiens font habituellement le week-end, on est partis à la hytte. En « hyttetur ».

Le hyttetur, c’est une des pierres angulaires de la vie norvégienne. La hytte est une sorte de chalet à la montagne ou à la mer ou au milieu de nulle part, mais en Norvège, tout ça se combine facilement. C’est souvent une résidence secondaire, mais ça peut aussi être une propriété du comité d’entreprise qu’on loue ou bien celle d’un oncle qu’on emprunte.

Une hytte, ça ressemble à ça

Ou à ça:

Ou encore à ça:

L’hiver pour skier, l’été pour pêcher et faire du bateau, la hytte, qu’elle est bien à utiliser toute l’année !

On est donc partis à 16h vendredi, et au boulot il y avait déjà plus personne dans l’open space. Car 16 heures, c’est tard pour se mettre en route vers la hytte.
On a quitté Oslo et on s’est élancé avec la voiture pleine comme un œuf sur la route qui mène vers toutes les hyttes. La E18. On n’était franchement pas les seuls sur la E18, et dans les bouchons, c’était facile de voir que les autres qui faisaient la queue allaient aussi à la hytte, car toutes les voitures avaient un coffre sur le toit plein de skis et de bâtons et de traineaux et de trucs qu’on utilise en hyttetur l'hiver.

Ce pays est très grand et tout vide, mais les Norvégiens ont le chic pour se retrouver tous en même temps sur la même route, et donc ça fait des embouteillages, surtout que la plupart des routes principales en Norvège ressemblent à la route qui monte à l’Alpe d’Huez. Des virages et de la pente.

Il neigeait et neigeait, il faisait nuit, et le thermomètre de la voiture indiquait des températures de plus en plus basses à chaque dizaine de bornes franchie. Mais, pas décence pour mes amis, j’ai évité de prendre une photo du tableau de bord de la voiture et de la mettre sur facebook avec un statut minable à la « -13 ! grrrr ».

Sur le bord de la route, des maisons magnifiques, rouges foncées ou blanches avec des toits recouverts d’une couche homogène et immaculée de neige.  Avec des petites lumières et tout.

J’avais l’impression d’avoir retrouvé mon cœur d’enfant en voyant ça, surtout quand le Père Noël a frappé au carreau de la voiture ! Mais en fait c’était un local qui aidait à la circulation et dont la tête avait été recouverte de neige à force d’être dehors des heures.  

Et puis on est arrivé, enfin. Comme on était en Norvège, on s’est quand même demandé si on avait le droit de se garer là, alors qu’il y a de la place partout.

Ensuite, il a fallu creuser la neige pour arriver à la porte de la hytte.

Vue de la route

Vue de la porte de la maison, ah merde, j'ai oublié un truc dans la voiture, à qui le tour pour le bain de neige ?

Il fallait faire un code pour ouvrir la porte de la hytte, et le code était sur internet. Ça c’est la beauté d’un pays de gentils, que je me suis encore dit.

Les parents de Bjørn Håkon avaient fait des courses pour le week-end, mais il y avait de la bouffe pour trois semaines. Mais quand on voyait que la neige arrivait jusqu’en haut des fenêtres de la hytte, je me suis dit qu’on savait pas combien on resterait, après tout. Always trust the locals, qu’ils disaient.

Quand on est déjà allé en hyttetur, le premier réflexe de quelqu’un qui a grandi en ville, c’est de s’assurer qu’il y a des toilettes, une douche et de l’électricité. Oui car ce pays richissime über-like se foutre dans des situations précaires le weekend, juste pour le trip « back to basics ». Et je peux comprendre ! Quel bonheur de pisser dehors quand on s’enfonce jusque-là dans la neige !

Mais puisque je te dis que personne peut te voir d'ici !

Le samedi matin, la neige avait presque enseveli la maison.

Ca vous embête si on ouvre pas la fenetre de la chambre cette nuit?


Les Norvégiens ont un taux de bien-être corrélé à la quantité de neige en hiver, alors je peux vous dire que c’était bonne ambiance au petit dèj.

Apres le petit dej on s’est préparé pour le skitur. Tour en ski de fond quoi. Là commencent les discussions cruciales sur le fartage des skis, et ça rigole pas.

 Boîte de 80 crayolas version nordique

Enfin si, ca rigole quand meme un peu, surtout quand les chaises du salon du XIX ème siecle s'avèrent être d'une toute nouvelle utilité 

On s’est promenés des heures sous la neige dans des paysages magnifiques (les photos ne sont pas prises en noir et blanc !)



Dans la quiétude et la beauté des paysages, on voit des choses un peu loufoques, des gens qui font des feux au bord de la piste et grillent des saucisses, d’autres qui se font tracter en ski par leur clébard, des petits aux cheveux platines, aux grands yeux bleus et aux joues rouges qui s’étalent dans la poudreuse à chaque virage en riant. Une belle publicité pour la Norvège, majestueuse et sans soucis.

Quand on rentre à la hytte à 16h30 et qu’il fait nuit, et on se douche et on passe à table à 18 heures. Moi qui n’ai jamais rien contre l’idée de manger, je me rends compte que je me suis bien habituée à ce rythme.
La soirée au coin du feu alterne ensuite sauna et jeux de société qui datent d’avant la construction de la hytte, sachant que tout le monde est au lit tôt. 4 heures sous la neige quand il fait -15 ca fatigue un peu, il parait.

Le dimanche était une copie de la veille, sauf qu’il a fallu vider le frigo et s’étendre dans le livre d’or de la hytte de location en expliquant comme on était content et comme on avait passé un bon moment en famille. Oui, c’est très norvégien cette forme de romantisme idyllique envers son propre pays.

Le lundi au travail, mon chef me racontait qu’il était aussi en famille à la hytte, et que comme sa fille ainée commençait à être à l’aise en ski de fond, elle allait bientôt avoir le droit de commencer le ski de piste. Le ski alpin est perçu comme une récompense après l’effort d’avoir appris le ski de fond chez les blonds. Comme dans ma tête d’allergique au ski, cette histoire a résonné comme une sale affaire de double peine, j’ai hésité à lui avoué que j’avais passe tout le week-end en raquettes.

Le bécot à tous,


Martine

vendredi 20 décembre 2013

Episode 46 : Noël Tamère

Chers tous,


Même Disney le confirme avec sa dernière production, cette année, le froid et la glace sont à la mode.

Ainsi, comme pour satisfaire les fantasmes des bobos parisiens et leur rêves de voyages au pays du Père Noël, Madame Norvège , plus mystérieuse et majestueuse que jamais, ne montre d’elle que des images à caler entre les pages déco et les pages « témoignages de vraies vies » d’un magazine féminin pour CSP+.

Nous voici entrés en décembre, dans une vie de neige, de nuit, et de lumières de Noël.


Et si les pays du Nord et leurs manteaux blancs font rêver les grands et les petits, les scandinaves, égaux à eux-mêmes, répètent les mêmes rituels que toutes les années précédentes.

Alors comme c’est bientôt les vacances, et que franchement y commence à en avoir foutument marre de s’emmerder à bosser, voici un petit carnet de « fun facts » sur les traditions de Noël norvégiennes.


Avant Noël


1) Le 13 décembre, jour de la Sainte Lucie, les enfants norvégiens mettent des bougies sur leur tête, mangent des brioches sèches et sans goût (« Lussekater ») et chantent des chansons mièvres qui vous restent en boucle dans la tête.

Ah si si. Paie ta version ange blond de l'exorciste. Et même que c'est über mauvais esprit de pas trouver ca mimi. 

2) Les Scandinaves sont des maniaques des calendriers de l’avent…


Pas de bras pas de chocolat

3) Il est de bon aloi de fabriquer des maisons en biscuits à la cannelle,


mais toutes les familles n’ont pas le sens de la mesure…


Reconstitution de Trondheim en biscuits et crème, SOS dégueu. Tout cela sera finalement mangé à Pacques quand 3 mois de poussières se seront accumulés sur les miasmes que tante Ingunn avait déjà laissés au réveillon


Le Père Noël est une ordure

1) Les trolls ne travaillent plus dans l’atelier du Père Noël depuis que l’un d’eux a eu un grave accident du travail en cherchant à atteler un élan au traineau. Ledit animal lui aurait rué à la gueule en lui disant « Mais tu m’as pris pour un renne ou quoi, connard ? »

ndlr. j'ai pas de photo mais si quelqu'un en a je veux bien

2) La maison du Père Noël se trouve en réalité à Drøbak (au sud d’Oslo ) et a été bien contente d’embaucher tous les trolls puisqu’ il n y a ni renne ni élan, il s’agit d’un attrape touristes. Sans déconner, cet endroit recoit les dizaines de milliers de lettres adressées par la poste au Père Noël.
http://www.julehus.no/kat/000011.asp


Le dîner de Noël…

1) 50% des Norvégiens boivent leur propre bière de Noël brassées home made

Les grands parents de Bjørn Håkon sont des fin connaisseurs. Mamie brasse et papi rote.

2) 80% des Norvégiens chantent des chants et font la ronde en famille le soir de Noël autour du sapin avant de passer à table

Le problème de la notion de famille dans les villages de consanguins

3) les plats traditionnels norvégiens du dîner de Noël sont


Par ordre d’apparition, les nominés ribbe, pinnekjøtt et lutefisk. Avec tout ça, on boit de l’aquavit, « infâme alcool de pomme de terre» en français dans le texte

Tout est question de timing :

1) Pour la soirée de Noël de l’entreprise le 15 novembre, les norvégiens se mettent sur leur 31, passent à table à 18h et oublient à 22h comment ils ont réussi à rentrer chez eux.

Avant / Après, vous voyez l'idée... et après on s'étonne que toutes les meufs de mon étage soient enceintes en même temps...

2) En Norvège, la messe de minuit est à 14 heures


Soleil au Zénith à Sandefjord

3) Il existe une infinité de mots commençant par « jul », ie Noel.
Julestjerne = étoile de Noël
Julekaker= gâteaux de Noël
Julebrus= soda de Noël
Julekaffee = café de Noël
Julete=  thé de Noël
et attention c’est là que ça se barre en vrille :
Juleklem = accolade de Noël (wzf??)
Julekos = plaisir de Noël ??
et les classiques petite veille de Noël (23 décembre), veille de Noël (24 décembre), 1er jour de Noël (25 décembre), 2ème jour de Noël (26 décembre), etc, etc parce qu'il faut le finir le jerrican de bière maison de Mamie!



Joyeux Noël à tous,

Martine







mercredi 27 novembre 2013

Episode 45 : Grutt, la meilleur boutade norvégienne

Chers tous,

Une fois n’est pas coutume, je commence ce nouvel épisode par un coming out tout à fait personnel. En Norvège, je suis une comique. Oui, je fais du stand up, de l’humour, de la plaisanterie. Quelques soirs par mois, je raconte des conneries dans un micro, en somme.

Cette double vie n’étant qu’un secret de polichinelle pour la plupart de mes amis français, vous trouverez ci-dessous une série de FAQ (Frequently asked questions, quoi !) auxquelles je suis parfois amenée à répondre.

De quoi rient les blonds ?

Et bien les blonds ne sont pas politiquement corrects du tout, figurez-vous. Ils ont pas froid au plat et adorent mettre les pieds dans les yeux. Et vas-y que je trash sur tous les sujets qui fâchent, même si certaines boutades peuvent laisser de glace. C’est pas la glace qui leur fait peur de toute façon.

Après tant d’épisodes de Martine, j’imagine en outre que vous serez moyennement surpris d’entendre qu’en Norvège, on aime surtout bien se moquer des Suédois.
Fusent donc régulièrement des blagues gratos mais bien méritées pour cet horrible pays d’armoires en kit, de métrosexuels, et de juments qui font trop d’UV. Mais pas du tout que les Norvégiens ont fini par m’influencer avec le temps putain pour les pauvres suédois dans le public. Les Suédois étant considérés comme le « cheap labour » de la Norvège, et ayant, entre autres, noyauté le milieu de la restauration, une classique est la suivante « Vous êtes tous suédois au premier rang ? OK donc le resto d’en face est fermé ». Les norvégiens jubilent. Il en faut peu pour être heureux.



Et toi, tu racontes quoi ?

Ça n’a pas été très facile d’écrire des textes qui fassent marrer les blonds. Par exemple, cette blague «Crache pas par terre, avec le froid qu’il fait, ça va rester sur le trottoir jusqu’à Pâques» ne les fait pas marrer, c’est du bon sens.

En revanche, «En France, on ne trouve pas normal que le métro soit bloqué à causé d’un élan sur les voies» (ndlr. ça arrive vraiment), ça les faisait bidonner, ou encore la classique «Je suis contente qu’il ne neige pas encore» les amuse tellement que souvent ils applaudissent. Ils sont mythiques ces immigrés quand même, qu’ils se disent.

Du stand up ? Et tu fais ça dans quelle langue ?

Et bien en norvégien. Mais j’ai souvent une phrase ou deux en suédois, car, après tout, moi aussi je trouve ça mérité mérité mérité marrant de me moquer des Suédois.

Allez, en voilà une bonne car je sais que vous aussi, vous aimez bien rigoler.
https://www.youtube.com/watch?v=0ILG1O7g8Do


Le truc injuste, c’est les anglo-saxons qui débarquent sur les scènes de stand up à Oslo et font des trucs super en anglais, ce qui ne pose aucun problème car mes copains les blonds parlent fluently you know. Et vas-y que je te cale des Oh My God et des well,you know what I mean avec un clin d’œil qui cartonnent.

Alors que ces abrutis de Norvégiens ne comprennent même pas «Il est mignon Monsieur Pignon» en français dans le texte. Monde de merde, comme dirait Abitbol, ils savent pas à côté de quoi ils passent.

Tu fais ça avec qui ?

La Norvège étant un petit monde, je me suis plusieurs fois retrouvée programmée dans la première partie des personnes qui font de la télé. Les moments de solitude, c’est quand en back stage (et ça, c’est du vécu) je retourne la question « Tu as déjà fait beaucoup de stand up ? je t’ai jamais vue ?» à un type qui a fait 15 ans de télé et qui est méga connu et que j’en avais aucune idée.

Quel genre de public as-tu ?

En quelques années, j’ai coché pas mal de cases.

Il y a eu mes potes bien sûr, mais aussi leurs potes, mes collègues, mon patron, les parents, la sœur et les cousines de Bjørn-Håkon, mon dentiste (qui est aussi mon patron, c'est un petit pays je vous dis).
Il y a eu aussi

• le public des scènes de stand up du quartier est d’Oslo à qui l’on a droit de tout raconter, depuis des considérations existentielles jusqu’à Fort Boyard, largement connu en Norvège aussi…

• les étudiants bourrés à 18 heures, qui rient à des blagues plus cheap tu meurs. Je disais bip bip ils kiffaient. Un de mes meilleurs moments à la et quand il pète il troue son slip.

• Le groupe d’intellos qui rient en octave piano piano à mes blagues sur les différences sociétales France / Norvège et leurs retombées économiques dans la seconde moitié du XX ème siècle (en alexandrins), mais à qui Fort Boyard échappe complètement

• Le mec du public qui veut absolument parler français dans le micro et monte sur scène pour s’imposer (oui il était dans le groupe des étudiants bourrés)

• mon pote français de passage à Oslo qui filme et rigole à contre temps. Il comprend rien, mais une des meufs au premier rang a un sacré rire de gourdasse

• la palme de la palme : la fête des 60 ans d’une association de chasse et pêche au milieu de nulle part, avec que des vieux croutons a moustaches que j’ai fait rire jusqu’à se filer des torgnoles sur les cuisseaux en racontant que je savais pas la différence entre un renne et un élan quand j’ai emménagé en Norvège

Les gens te reconnaissent-ils dans la rue ?

I wish ! Face it, personne ne m’a jamais posé cette question en fait. En revanche, et c’est véridique, à mon dernier show , une fille du public m’a dit après le spectacle : « Pendant tout ton speach, je me suis demandée ou je t’avais déjà vue. Mais je me souviens maintenant, c’était en boite, tu t’étais étalée la gueule dans les escaliers devant tout le monde.» Par-fait.

Le bécot,


Martine





lundi 21 octobre 2013

Episode 44: Le foot m'a tuer

Chers tous,


Qui l’eut cru ? Côté sports, ce n’est peut-être ni le ski ni le curling qui rassemblent le plus de Norvégiens. Non. C’est sûrement le foot.

En effet, si l’on considère le fait que la Norvège compte cinq ligues, on en vient facilement à la conclusion mathématique que, entre première ligue (incluant d’ailleurs elle-même des noms colorés en å et ø foutument inconnus au bataillon) et cinquième, rassemblant des clubs d’entreprises ou de l’amitié des anciens du lycée professionnel d’Hønnefoss, 86% des hommes en âge de pratiquer le football jouent dans une ligue en Norvège. [1]
Toutefois, bien que très largement pratiqué, le football est, dans ce grand pays tout vide, assez familial. Brisons un premier tabou : aucune des villes norvégiennes n’est une mégalopole anonyme. Alors quand on vient au patelin de vingt à trente mille habitants, on croise toujours une tête connue au stade.
(Et alors en ligue 2, je vous raconte pas, on est trente au mieux si les matchs ne sont pas à domicile, et là, c’est carrément la smala. Et vas-y que je te claque la bise dans les gradins des supporters et comment va ton petiot qui a la grippe qu’il était pas au judo mardi soir m’a dit mon fils.)

A la mi-temps, les « surveillants » qui sont aussi l’oncle et le cousin du frère du président du club des supporters vendent des gaufres et du café. Assez loin de l’ambiance oreillettes et hooligans, donc.
Les stades sont à moitié vides mais on annonce triomphalement le nombre de personnes dans les gradins (enfin parfois il n’y pas de gradins du tout, on peut toucher les joueurs quand il y a corner, grrr par ici le petit blond) « quaaaaaaaatre cent vingt-trois personnes !!!!!!!!!!!!!!!! »

Le plus rigolo, c’est quand les joueurs de l’équipe croisés par hasard dans la rue ont ce genre de réplique fascinante pour les supporters (véridique) « ah je t’ai pas vu au dernier match »

Enfin, cela va sans dire, on passe aussi fastoche à la télé.


Exemple de foule en délire soutenant SF (=Sandefjord Fotbal, what else?)


Alors c’est vrai, c’est familial et les gaufres c’est sympa, mais on n’assiste pas toujours à du grand jeu non plus. Brisons ici un second tabou, le niveau de la Norvège en foot n’est pas équivalent à celui qu’elle a en ski de fond. Les quelques coups d’éclat restent dans les annales, comme la victoire contre le Brésil dans les matchs de poule en 1998 à Marseille, que les blonds déforment d’ailleurs avec culot en « On a gagné contre le Brésil à la coupe du monde 1998 ». Les rares joueurs norvégiens connus à l’étranger font la fierté de leur pays, mais à l’heure actuelle, personne ne saurait en citer aucun. (Même Zlatan est suédois, vdm).

Ainsi, tous les Norvégiens soutiennent une équipe de ces PD d’Anglais, dont la ligue est ici chérie et suivie avec le plus grand intérêt. Curieusement, Liverpool et son « You’ll never walk alone » vendrait plus de rêve que « Heia Heia Ålesund ». Plus étrange encore, tous soutiennent avec ferveur la Suède dans les compétitions internationales où la Norvège ne joue jamais pas. (ndlr. et là je reconnais ne toujours pas avoir élucidé ce bug).

Pourtant, les joueurs de foot norvégiens sont des héros. Ces mecs-là savent jouer au foot en se battant contre les éléments,


S’adaptant coute que coute à leur milieu




Ils jouent dans des conditions extrêmes




En somme, les norvégiens ont inventé un nouveau sport :




Y a plus qu’à faire passer le foot sur neige comme une discipline à part entière, et la Norvège est championne du monde aux prochains JO d’hiver :-)




Le bécot,

Martine


--------------------------------------------------------------------------------

[1] Moi, on m’a même appelé une fois pour me demander d’arbitrer tellement ils sont à la dèche de gens. Mais comme Bjørn-Håkon remplaçait déjà le gardien d’une équipe et que sa mère remplaçait le gardien de l’autre, j’ai préféré pas m’emmêler.